Né en 1947 de la volonté de la Ligue musulmane de créer un Etat propre aux musulmans de l'ancien Empire des Indes, le Pakistan est le fruit de la théorie des deux nations formulée en 1933 par Rahmat Ali, qui affirmait qu'hindous et musulmans ne pouvaient cohabiter dans l'égalité.
Entérinée par la Ligue musulmane en 1940, cette volonté de partition aboutit à la création, dans les territoires indiens à majorité musulmane, d'un Pakistan certes musulman, mais bicéphale, divisé en deux parties, occidentale et orientale, séparées par l'Inde nouvelle.
Ce sera un échec quand, en 1971, les Bengalis du Pakistan oriental, majoritaires en nombre mais écartés du pouvoir par Islamabad, feront sécession pour fonder le Bangladesh, avec l'appui militaire de l'Inde.
Purgé de sa population hindoue au lendemain des massacres de la partition, et recevant des millions de Mohadjirs, ces musulmans quittant ou fuyant l'Inde nouvellement indépendante, le Pakistan est musulman à 97 %.
Raison d'être du pays, cette absolue domination fonde la nation sur une identité indélébile, profondément vécue, constamment invoquée, entretenue par l'école, les célébrations publiques et les médias gouvernementaux, mais mal définie dans ses rapports à l'islam.
Islamique, l'Etat n'en est pas pour autant islamiste, et l'islam lui-même se divise : la majorité pakistanaise est sunnite à 75%. Quant à la population chiite, elle se concentre dans le nord-ouest du pays, près de la frontière afghane et elle est l'une des plus importantes au monde après celle d'Iran.